BE 4.0 Mulhouse : Engie, un acteur dans l’industrie du futur

par Alice Vigneron, Marketing Manager

Rtone a rencontré Engie, un acteur de l’industrie du futur, au salon de BE 4.0 à Mulhouse. Fabio Vecchione ainsi que François Waddell nous expliquent le rôle, les défis d’Engie et le tissu industriel de la Région Grand-Est. Explications.

Quel est le rôle d’Engie dans l’industrie du futur ?

François Waddel : “Engie a un positionnement relativement récent (remontant à 4-5 ans maintenant) sur le fait d’être de moins en moins fournisseur d’énergie et de plus en plus pourvoyeur de services auprès de l’ensemble de nos clients, du particulier au très gros industriel. Nous accompagnons nos clients à réduire leur empreinte carbone et réduire leur consommation.”

Donc effectivement, c’est une montée en puissance très forte du groupe avec des investissements très conséquents (12 et 15 milliards d’euros en 5 ans) qui proviennent notamment de la vente d’actifs polluants. On a effectivement vendu des centrales fonctionnant au charbon au Royaume-Uni, en Australie, etc. Depuis 5 ans maintenant, sous l’impulsion d’Isabelle Kocher, la directrice générale du groupe, nous souhaitons nous positionner sur le domaine de la transition énergétique et conseiller tous nos clients à commencer par les territoires de la transition énergétique.”

Fabio Vecchione : “Engie essaie de faire un petit peu plus d’offres globales en additionnant toutes les expertises et en gommant les filiales avec une offre complète et un seul interlocuteur final de telle manière à ce que notre client s’y retrouve plus facilement et qu’il puisse avoir le service optimum.”

Quels sont les challenges d’Engie ? Comment voyez-vous le futur de l’industrie ? 

Fabio Vecchione : “La digitalisation est vraiment importante. Un des challenges que nous avons à Engie est de revoir notre façon de communiquer et d’appréhender nos clients, embaucher de nouveaux types d’ingénieurs qui vont plus être sur la data de telle manière à pouvoir récolter des informations via internet et des bases de données pour capter facilement nos clients et leurs besoins. 

En ce qui concerne les challenges liés aux acteurs de l’industrie aujourd’hui, c’est l’empreinte carbone. Apporter des solutions sur tout ce qui est circuits courts, économies d’énergie par rapport à la production et  trouver les moyens possibles pour réduire la facture de nos clients et s’engager pour faire des économies d’énergie.

Aujourd’hui il y a une certaine dynamique présente, c’est-à-dire qu’on a l’habitude de voir des personnes sur des pupitres opérateurs avec des tâches répétitives. Je pense que ces tâches répétitives vont être supprimées d’un point de vue « homme » et qu’il y aura une montée en compétences des personnes qui vont piloter ces installations de plus en plus rapidement, de façon plus ergonomique et facile d’utilisation.” 

Nous sommes aujourd’hui tous présents à Mulhouse pour le salon BE 4.0 Industrie du futur, quel est le rôle d’Engie au sein de la région Grand-Est ? 

François Waddell : “La vision du groupe dans l’accompagnement vers une transition 0 carbone sur Grand-Est se décline autour de 3 grands leviers : 

Si nous regardons la Champagne-Ardenne, elle est très orientée énergies renouvelables compte tenu que c’est la première région de production éolienne de France et la Marne, en particulier le premier département français équipé en éoliennes.

“Engie est leader sur l’électricité verte, en concurrent alternatif d’Edf (on est maintenant totalement séparé), et donc on est un acteur très implanté sur l’éolien et le photovoltaïque en particulier sur Champagne-Ardenne. Un des éléments de démonstration est situé à Châlons-en-Champagne, notre « tour de contrôle » de l’ensemble de la production éolienne et  photovoltaïque du groupe, mais pas que, on assure cette prestation pour des fournisseurs autre qu’Engie et donc on va piloter à distance toutes les fermes éoliennes du groupe et toutes les implantations photovoltaïques.

On a voulu sacraliser cela en Champagne-Ardenne parce que c’est vraiment un territoire d’énergies renouvelables. En effet, c’est sur ce territoire que pousse beaucoup, sous l’impulsion des pouvoirs publics et d’autres,  la méthanisation – c’est-à-dire des terres agricoles aussi très développées et donc il y a la filière agricole à mobiliser sur la récupération de déchets qui restent sur les champs après les moissons. Il y a de la culture spécifique qu’on appelle des CIVEs, des cultures inter-saisonnières à vocation énergétique. Il y a aussi à mettre en oeuvre une filière de récupération de déchets verts ou de déchets organiques – ça va être des cantines scolaires, cantines des hôpitaux, etc, tout ça pour leur redonner vie via la méthanisation – la vision du groupe côté Champagnardennais très orientée énergies renouvelables.

Il y a beaucoup de choses qui poussent notamment en Alsace dans le cadre du poste Fessenheim avec un appel européen très fort concernant le photovoltaïque sur le département du Haut Rhin.

En Lorraine,  la vision du groupe sera essentiellement centrée sur l’industrie. Bien sûr, les terres d’industries suites aux mines de charbon, mines de fer dans le nord mosellan et à toutes les implantations industrielles qui remontent maintenant à plus d’un siècle en Lorraine.  Donc là-dessus, ça va être vraiment d’accompagner les industriels sur du 4.0, c’est a dire mieux maîtriser leur consommation énergétique et optimiser leur process de fabrication notamment sous l’impulsion de la région (on a vu hier qu’avait été rappelé ses diagnostics donc industrie du futur qui sont financés par la région et mis en oeuvre par les partenaires de la région) et bien derrière nous on peut récupérer ses diagnostics et accompagner notamment des PME / PMI qui ne vont pas avoir en interne les ressources pour s’interroger sur la cobotique, la robotique, du dévracage automatisé donc on va avoir une activité plutôt centralisée sur la Lorraine c’est-à-dire une expertise un peu plus poussée en Lorraine sur l’industrie 4.0 . C’est également en Lorraine que se développe des projets autour de l’hydrogène (H2) – Là on fait le lien de la production d’énergie renouvelable, une solution qui émerge et la secrétaire d’état l’a rappelé hier, c’est la production d’hydrogène vert.

La 3ème composante territoriale de Grand Est – C’est l’Alsace, où il va y avoir des interrogations et des projets autour de la mobilité verte.

C’est un grand corridor Nord Sud, enclavé entre les Vosges et la Forêt-Noire avec des températures extrêmes et des phénomènes de pollutions très importants. On s’aperçoit que si on peut éviter la pollution liée à la consommation d’hydrocarbures sur des transports lourds ou sur des péniches sur le Rhin, et bien il y a sans doute cette composante « hydrogène » à développer pour limiter l’impact  en C02 / NOX, génération de poussières, etc.

Donc, l’Alsace sera plutôt orientée sous l’angle mobilité verte avec l’hydrogène et le gaz naturel véhicule, gaz naturel liquéfié également donc sur ce territoire alsacien. Avec un terrain de jeu très intéressant et innovant et qui est le haut Rhin autour de la fermeture programmée maintenant, de Fessenheim et de l’appel d’offres qui a été lancé par le haut Rhin autour du photovoltaïque. C’est la première fois qu’un département lance un appel d’offres à hauteur de 360MW, le tiers d’une tranche nucléaire, sur un petit département, alors qu’avant c’était un appel d’offres international pour une telle puissance. Donc ça titille le groupe Engie que de se positionner sur le photovoltaïque parce que c’est complètement dans notre ADN.”

 

 

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